Bibliographie : Dodin-Bouffant et Zhu Ziye

Il me semblait avoir lu dans La Raison gourmande que Michel Onfray citait Brillat Savarin évoquant dans sa Physiologie du goût une purée d’euryales. Travaillant en ce moment sur les huit fées des eaux de Suzhou, dont l’euryale (Euryale ferox, en chinois 芡实 [qiànshí]) fait partie, j’ai voulu retrouver cette mention dans le livre du bon médecin gastronome, en vain.
En revanche, pendant mes recherches, j’ai trouvé le troisième volet une communication faite par le poète belge Yves Namur à l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique (Arllfb), intitulée « De la table à l’écrit, petit traité de gourmandises littéraires (III). Dodin-Bouffant et son double chinois ».
Dodin-Bouffant est le personnage principal du roman que Marcel Rouff publia en 1924 : La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant, gourmet. Comme le titre le laisse supposer, ce récit conte les aventures d’un gourmet hors du commun. Il se trouve qu’Yves Namur a aussi lu un roman chinois au titre similaire : Vie et Passion d’un gastronome chinois, de Lu Wenfu. Il a donc fait un rapprochement, sur la seule foi de la similitude des titres, entre ces deux romans. Il conclut même de cette similitude que Lu Wenfu, l’auteur du roman chinois, a probablement lu le livre de Marcel Rouff, et sous-entend qu’il a dû s’en inspirer. Monsieur Namur n’a sans doute pas imaginé que c’est l’éditeur de la traduction française du Gastronome de Lu Wenfu qui avait pris des libertés avec la traduction du titre du roman chinois, et sa conclusion est très certainement erronée.
Mais on peut sans scrupules faire abstraction de cette conclusion hâtive d’Yves Namur, car sa communication est à part cela fort intéressante. Son auteur met le doigt sur une différence fondamentale entre les gastronomes occidental et chinois des deux récits : c’est que Dodin-Bouffant est un gourmet qui met volontiers la main à la pâte et prépare des mets qui sont si fabuleux qu’ils en sont peu crédibles, tandis que Zhu Ziye se contente de s’asseoir devant une table bien garnie, et de porter une papille critique sur tout ce qui passe à portée de sa cavité buccale.
Je ne connaissais pas le roman de Marcel Rouff, et je vais tenter de m’en procurer derechef un exemplaire que je m’empresserai de dévorer. De plus, cette jolie communication m’a donné fortement envie de relire le roman de Lu Wenfu.
Le texte de la communication d’Yves Namur est disponible ici, sur le site de l’Arllfb.

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