Tourisme gourmand : Port de pêche de Fu Chi, Taiwan

Pour ceux qui l’ignoreraient, rappelons que Taiwan est une île, séparée de la Chine continentale par le détroit de Formose à l’Ouest, et plongeant ses abruptes falaises dans l’Océan Pacifique à l’Est. La pêche est à Taiwan un secteur d’activité majeur, et en de nombreux lieux sur les côtes de l’île, les pêcheurs déchargent sur les quais le fruit de leur dur labeur.
Progressivement, dans les ports de pêche, s’est développée une activité qui m’est chère : la consommation, en toute démesure, des fruits de la mer. Je connaissais déjà deux ou trois de ces ports, du côté de Keelung, au Nord de Taipei, ou encore à Lukang, près de la ville de Taichung (j’ai résidé pendant deux ans dans la ville voisine de Changhua).
Lors de notre récent séjour, Coco, amie de longue date, a voulu nous faire emmener dans un port situé non loin de la capitale de l’île, Taipei, appelé Fu Chi (富基漁港, prononcé [fùjī yúgǎng] dans la langue de Ma Yingjiu, en anglais « Fu Chi Fishing Harbour »).
Lorsque l’on vient se restaurer en ces lieux, le principe est simple : on sélectionne dans la zone des vendeurs de matière première les objets de son désir, et l’on va s’installer un peu plus loin, dans l’une des salles de restauration, pour demander aux cuisiniers spécialisés de préparer les ingrédients choisis à la mode qui vous convient. On paie d’un côté la matière première, et de l’autre la main-d’œuvre. Et comme l’endroit choisi pour les opérations est géré à la perfection, des pancartes ont même été installées dirigeant les clients vers l’une et l’autre zone :
fuji yugang (9) fuji yugang (11)La nature des poissons, crustacés, coquillages, algues et autres délices disponibles dépend bien entendu de la marée ! Crabes d’espèces diverses, crevettes de toutes tailles, poissons multicolores, gastéropodes marins, mollusques variés, algues, coquillages de toutes formes, langoustes… on nous a même proposé un redoutable fugu !
Voici une vue partielle de l’étal où ont été sélectionnés nos mets :
fuji yugang (1)Et je ne résiste pas au plaisir de vous montrer le fugu qui hérissait ses piques dans la paume de la main de la poissonnière :
fuji yugang (6)Lors du dîner extrêmement sympathique que nous prîmes en ces lieux, Coco (qui nous invitait et qui était une habituée des lieux) avait choisi chez sa marchande préférée : petites coquillages irisés (qui furent sautés à l’ail et au basilic), algues fraîches (en salade, assaisonnées à l’ail, à la ciboulette et à la sauce de soja claire), calamar (cuit à l’eau, accompagnée d’une sauce sucrée et pimentée), bulots tachetés (également cuits à l’eau), crabes au bouillon (la sauce de soja claire constitue un assaisonnement suffisant), huîtres (cuites à la vapeur, agrémentées d’ail et de ciboulette), poisson grillé, crevettes cuites à l’eau.
Voici nos coquillages et nos bulots :
fuji yugang (15) fuji yugang (12)Tous les ingrédients étaient d’une fraîcheur extrême, tous les mets (à l’exception peut-être des huîtres, que j’aurais pour ma part préférer gober crues) furent admirablement bien cuisinés. Comme c’est l’usage pour les Taiwanais qui vous invitent à dîner, la quantité des mets commandés dépassa largement la capacité de nos estomacs : les quatre adultes et deux enfants que nous étions ne parvinrent pas à vider tous les plats ! Il n’y eut cependant pas de gaspillage, puisque ce qui n’avait pas pu être consommé sur-le-champ fut emporté, pour consommation à domicile. La mode des « doggy bags » a en effet cours ici.
Cette deuxième soirée de notre séjour formosan, que nous passâmes dans le nord de la Belle île, telle que l’appelèrent les navigateurs portugais qui s’installèrent à Taiwan au XVIème siècle, confirma que, en ces lieux résistant et toujours à l’envahisseur communiste, les papilles gustatives du quidam gourmand éprouvent une jouissance indicible…
Vous trouvez que ce billet est trop chiche en illustrations ? Dans ce cas, je vous invite à aller ici voir quelques superbes photos prises sur le vif par un internaute taïwanais (pas d’importance si vous ne lisez pas le chinois, car les images seules sont de nature à séduire les natures les plus rétives).

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