Friandises : Sachima, pâtisserie chinoise

C’est lors de mon premier séjour à Taïwan, en 1987, que j’ai eu l’occasion de découvrir une petite pâtisserie qui m’a immédiatement fait penser à certaines pâtisseries orientales, dont une en particulier, que je connaissais sous le nom apparemment erroné de « rose des sables » et que je dégustais de temps à temps dans le quartier de Barbès, à l’époque où je fréquentais plus ou moins assidûment les bancs dauphinois du département de chinois des Langues’O. La spécialité chinoise en question est connue en Occident sous le nom de « sachima », parfois orthographié « saqima », ou encore « shaqima » (en chinois, les orthographes sont également diverses : 萨其马, 沙其马, 沙琪玛, 萨其马, 沙其玛, 萨齐马, entre autres).
Cette pâtisserie se présente sous la forme d’un parallélépipède rectangle dans lequel s’enchevêtrent en désordre ce qui ressemble à de grosses nouilles assez courtes. Le nom chinois est manifestement une transcription phonétique d’un mot étranger, et me semblait avoir une consonance nippone ; de plus, je croyais cette gourmandise sucrée inconnue en Chine jusqu’à un passé récent, d’autant plus que les sachimas que je trouvai dans les supermarchés étaient tous fabriqués par des entreprises taïwanaises, aussi pensai-je, avant de faire quelques recherches en vue de la rédaction du présent billet, qu’il s’agissait d’un pâtisserie japonaise que les Taïwanais, véritables génies de la gastronomie, s’étaient appropriés.
Le sachima est en réalité une pâtisserie d’origine mandchoue. Il a été introduit en Chine par les Mandchous pendant la dernière dynastie impériale chinoise, celle des Qing (1644-1911), et des ouvrages chinois anciens en ont conservé la trace. Il était surtout en vogue dans la région de Pékin, faisait partie des offrandes aux divinités et était fréquemment offert aux moines et aux lamas des monastères de la capitale. Il n’a été connu dans les autres régions de Chine que tardivement.
D’après l’étiquette d’un paquet que j’ai acheté dans un supermarché de Suzhou, les principaux ingrédients sont : maltose, farine de blé, huile de palme (traditionnellement, on utilisait plutôt du beurre), œufs (toutes les variétés n’en contiennent pas), sucre en poudre, amidon de maïs, lait entier en poudre (on utilisait traditionnellement du lait liquide), sel, et, pour les produits de fabrication industrielle, divers additifs alimentaires.
Il existe plusieurs variétés : la variété classique se fait sans œufs, et, en plus des sachimas aux œufs, j’ai eu également l’occasion d’en déguster aux raisins secs et aux graines de sésame.
Pour fabriquer ce dessert, on commence par confectionner une pâte avec la farine, etc. À partir de cette pâte, sont confectionnées des nouilles qui sont mises à frire. On confectionne également un sirop très sucré. Une fois les nouilles frites, on les place dans un plat et on les enrobe de sirop, et on ajoute les raisins secs, graines de sésame ou autres. Le tout est intimement mélangé, on place à poids (pas trop lourd) sur le plat de façon à obtenir une plaque de six ou sept centimètres épaisseur. Une fois l’ensemble refroidi, on découpe la plaque solidifiée en parallélépipèdes. On peut parfaitement confectionner ses propres sachimas dans sa cuisine.
Cette friandise est très sucrée. Sa texture est assez molle, mais les bons sachimas ne collent pas aux dents. Les sachimas sont vendus en paquets dont la contenance peut varier, et les portions sont emballées individuellement. La portion standard (un parallélépipède de 6 x 6 x 10 cm environ) pèse environ 40 grammes et se dévore en trois bouchées !
Voici d’ailleurs l’une de ces portions :
shaqima_002S’il s’agit d’une gourmandise qui ravira les amateurs de sucreries, la consommation doit tout de même rester modérée : en deux portions et demie à peine (100 g), on n’absorbe pas moins de 2800 kj (668 calories), et 38,5 grammes de matières grasses, soit 64% de l’apport quotidien recommandé (toujours d’après l’étiquette de mon paquet de sachimas).
(Pour en savoir en peu plus sur cette pâtisserie, je vous invite à lire ici l’article en chinois, et ici l’article en anglais de Wikipedia.)
Ci-dessous, le paquet de 12 sachimas consommé avec frénésie par mon garnement de six ans, mon épouse et en moi-même, en moins de temps qu’il n’en a fallu pour rédiger ce billet :
(Les photos qui illustrent le présent billet sont personnelles.)
shaqima_003

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3 commentaires pour Friandises : Sachima, pâtisserie chinoise

  1. margotzhang dit :

    Bonjour, une sucrerie que j’aime beaucoup. Je pense qu’à propos de valeurs nutritionnelles, ils se sont trompés d’unités de mesures, ça doit être 2800 kj, mais pas 2800 kcal par 100 g. Vu que la méthode de préparation, je dirais que ce n’est pas hyper calorique non plus (c’est une friture + sirop pour enrober à la fin). Je vois sur mon paquet de 萨其马, c’est plutôt vers 500 kcal/100 g…
    En tout cas, merci pour cet article. Bonne journée!

    • pascalkh dit :

      Bonjour Margot,
      Vous avez raison pour les calories ! C’est moi qui mal lu, j’ai lu « calories » au lieu de « kilojoules ». Je modifie le billet en conséquence.
      Pas trop calorique ? C’est quand même bien gras et bien sucré 🙂
      Pascal

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