Pour le plaisir : Les jeux aquatiques de Rāma

Rāma est, dans la mythologie indienne, un roi qui aurait régné au XX° siècle avant notre ère. Il est connu grâce à une épopée indienne célébrissime, rédigée à l’origine en sanskrit, le Ramayana. L’hindouisation de l’Asie du Sud-Est a amené au Cambodge les religions d’Inde, mais aussi une bonne partie de la culture indienne. Ainsi, le Ramayana a été adapté au Cambodge, où il est connu sous le nom de Riemker (រាមកេរ្ដិ៍, translitéré en Ramakerti), et Rāma est très connu en pays khmer, où son nom est prononcé « Riem » (រាម). Étant donné le caractère sacré de ce souverain, on parle en khmer de « grand Riem » : ព្រះរាម (prononcer « préah riem »). Mais en quoi cela a-t-il le moindre rapport avec la gastronomie extrême-asiatiques, vous demandez-vous certainement ? C’est que le plat que j’ai dégusté lors du déjeuner d’aujourd’hui s’appelle littéralement « Le grand Rāma joue avec de l’eau » : ព្រះរាមលេងទឹក (prononcer « préa riem léng teuk »).
Entrent dans la composition de ce plat, d’après l’un de mes livres de recettes : des œufs durs (normalement de canne, mais les œufs de poule peuvent convenir sans problème), des arachides, des graines de sésame (blanches, précise la recette), du sucre blanc, du vinaigre, du sel, des échalotes, du porc maigre, des feuilles de laitue et de la matière grasse.
Les œufs durs sont coupés en deux dans le sens de la longueur, les jaunes durs sont extraits et réservés, les blancs sont coupés en tranches fines.
Les arachides et les graines de sésame grillées passent dans un pilon avec les échalotes ciselées, avant d’être intimement mélangées avec les jaunes d’œuf, l’ensemble étant ensuite assaisonné avec le sucre, le sel, le vinaigre, les quantités des différents condiments pouvant être ajustées au goût de chacun.
Le porc maigre est débité en fines lamelles, lamelles qui sont ensuite cuites à l’eau.
Les feuilles de laitue sont soigneusement lavées, puis essorées, et viennent tapisser le fond d’un plat de service.
Les lamelles de porc maigre, refroidies, sont enrobées du condiment préparé précédemment, puis soigneusement couchées sur les feuilles de salade. Et enfin, les fines tranches de blanc d’œuf viennent surmonter l’ensemble.
Voici ma portion des « Jeux aquatiques du grand Rāma », engloutie à l’occasion de ce déjeuner du 15 décembre 2015 :
jeux aquutiques de rama_002_smallJe ne m’explique en aucune façon l’étymologie du nom assez singulier de ce plat, d’autant moins qu’il ne s’agit en aucun cas d’une soupe ou autre mets liquide. Je n’ai pas connaissance d’un épisode du Ramayama dans lequel on serait raconté comme le roi Rāma aurait batifolé dans une étendue d’eau quelconque. Je compléterai ce billet si quelqu’un est en mesure de m’éclairer sur ce point.
J’ai encore en réserve deux autres plats « apparentés » : l’un est appelé « Balade en forêt du grand Rāma », et le second « Jeu aquatique de serres d’aigle ». Nous aurons probablement l’occasion d’en parler bientôt.

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5 commentaires pour Pour le plaisir : Les jeux aquatiques de Rāma

  1. Chantal Pistol dit :

    Cela a l’air délicieux!

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