Spécial Huai’an (littérature et gastronomie) : Li Bai et la lavandière de Huaiyin

Lors de ma visite du Musée national de la culture culinaire du Huaiyang (中国淮扬文化博物馆 [zhōngguó huáiyáng wénhuà bówùguǎn]), j’ai que l’on reprenait dans l’une des salles d’exposition de ce musée est reprise une histoire que l’on raconte à propos de Li Bai, ou Li Po (李白 [lǐ bái], 701-762), grand poète de l’époque des Tang, probablement le poète le plus célèbre de Chine.
Voici ce que dit l’histoire : Li Bai, arrivant un soir à Huaiyin (淮阴 [huáiyīn] – Huaiyin était anciennement un district, c’est aujourd’hui l’un des arrondissements de la municipalité de Huai’an) et n’ayant pas d’endroit où se loger, frappa à la porte d’une chaumière. Une vieille femme, une lavandière, lui ouvrit, et, voyant le voyageur affamé, lui sacrifia une poule qu’elle cuisina avec talent, et ouvrit même pour l’inconnu une jarre de vin de riz. Le grand poète, se remémorant l’excellent repas qu’il fit et l’accueil chaleureux de la vieille femme, consacra quatre vers à ce souvenir dans un poème resté célèbre, intitulé 《淮阴书怀寄王宋城》 [huáiyīn shūhuái jì wáng sòngchéng] (Poème composé à Huaiyin, en pensant à Wang Songcheng). Voici ma traduction, malhabile, des quatre vers en question :
Voulant me loger à Huaiyin, à la tombée du soir, j’eus le bonheur d’être reçu par une vieille lavandière.
Dans un boisseau de vin, elle cuisina une volaille. De cet unique repas, je garde un souvenir impérissable.
Je suis le héros de Chu, et non l’un de ces lettrés de Lu.*
Toute vertu mérite récompense, mais je rougirais de honte à offrir mille onces d’or tant elles seraient futiles.
* Dans ce vers, le poète tient à se démarquer des lettrés confucéens qu’il juge trop pédants (Confucius était originaire de la principauté de Lu), et préfère se comparer à Han Xin, général célèbre de l’époque des Han (entre le 3ème et 2ème siècle avant notre ère), qui brilla dans des combats à Chu, et qui était originaire de Huaiyin.
C’est dans ces vers du poète immortel que l’on va chercher l’origine d’un plat renommé : la volaille cuite dans du vin de riz (黄酒炖鸡 [huángjiǔ dùnjī]).
(Ci-dessous, un tableau représentant Li Bai exerçant son activité de prédilection : la dégustation de vin au clair de lune. L’image vient d’ici.)
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2 commentaires pour Spécial Huai’an (littérature et gastronomie) : Li Bai et la lavandière de Huaiyin

  1. Chantal Pistol dit :

    Magnifique:L’histoire la traduction des vers et le tableau.
    Chantal.

  2. Aurelie Sol dit :

    Merci pour cette rubrique! J’aime voir associées cuisine et littérature…

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