Ingrédients : Épinard d’Okinawa (观音菜)

En vadrouille dans l’hyper non loin de chez moi, je découvre au rayon légumes un nouveau légume-feuilles inconnu, vendu sous le nom de « légume d’Avalokiteshvara » (观音菜 [guānyīncài], Avalokitsehvara est le bodhisattva le plus vénéré du bouddhisme du grand véhicule). J’en ai donc acheté une barquette et l’ai cuisiné de la façon la plus simple (et la plus commune) qui soit, i.e. sauté à l’ail et assaisonné de sel et de bouillon de volaille en poudre.
Voici une photo de ce légume (la photo vient d’ici, vous trouverez d’ailleurs sur cette page plusieurs recettes en chinois pour accommoder ce légume).
epinard_okinawaLa cuisson se fait à feu vif, dans un peu d’huile. On obtient au résultat un plat dans lequel l’ail, qui peut être en gousses ou haché, a pris une couleur violacée car la face inférieure rouge des feuilles déteint. Les feuilles sont croquantes, et ont texture un peu gluante, que je trouve pour ma part fort agréable.
Le nom « épinard d’Okinawa » est une traduction directe de l’anglais (Okinawa spinach), que j’ai découverte sur une page en anglais consacrée à ce légume (voir ici). Sur cette page, l’auteur donne tous les détails concernant la façon de cultiver cette plante, et explique l’apprécier surtout en salade.
En chinois, le nom de « légumes d’Avalokiteshvara » est ambigu, car on trouve sous cette appellation deux autres plantes complètement différentes. Parmi les autres noms chinois couramment utilisés, il y a : « légume phénix rouge » (红凤菜 [hóngfèngcài]),  « amarante d’Avalokiteshvara » (观音苋 [guānyīnxiàn]), « légume à dos rouge » (红背菜 [hóngbèicài]), « légume rouge » (红菜 [hóngcài]), etc. Le nom binomial de la plante est Gynura bicolor. C’est à partir de ce nom que j’ai cherché quelques références.
Les quelques références que j’ai trouvées ne sont guère encourageantes, car il s’avère que même si ce légume est couramment utilisé en Chine aussi bien pour ses qualités culinaires que pour ses vertus médicinales (en médecine chinois traditionnelle, il aurait pour effets bénéfiques de détoxification, d’apaisement de la toux, de calmer la soif), selon plusieurs chercheurs, il contient un alcaloïde pyrrolizidinique, la rétrorsine, qui a des effets tumorigènes (voir par exemple un article en anglais intitulé « Detection, Hepatotoxicity, and Tumorigenicity of Pyrrolizidine Alkaloids in Chinese Herbal Plants and Herbal Dietary Supplements », disponible sur le site de la FDA taiwanaise – si l’article vous intéresse, il vous suffit de saisir son titre dans la barre de recherche de Google, la version intégrale de l’article peut être téléchargée au format pdf ; cette article donne encore la liste d’une vingtaine de plantes utilisées dans la pharmacopée chinoises qui contiennent des composants toxiques !). Dès lors, plusieurs auteurs recommandent instamment de ne pas consommer ce légume ! ☹

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