Restos : Zhenzhu fandian, Suzhou

Lorsque l’on se trouve à l’heure du déjeuner dans le quartier de la grande rue commerçant de Suzhou, la « rue devant le temple taoïste », ou Guanqianjie (观前街 [guànqiánjiē]), on peut penser de prime abord que se restaurer n’est pas un problème : les restaurants de tous styles et de tous prix sont innombrables : nouilleries, pizzérias, fast-foods d’inspiration américaine ou franchement sinisants, restaurants indiens, coréens, japonais, occidentaux se bousculent pour trouver leur place dans ce paradis de la consommation de masse. On trouve même dans ce quartier quelques-uns des restaurants les plus célèbres de Suzhou, dont les fameux Songhelou (松鹤楼 [sōnghèlóu]) et Deyuelou (得月楼 [déyuèlóu]), connus pour les spécialités locales, vendues à prix quasi-astronomique. Malheureusement, il est rare que la situation privilégiée dans une zone commerçante vers laquelle accourent tous les touristes de Chine et d’ailleurs, incite les restaurateurs à soigner la qualité de leur cuisine. La qualité est en général au mieux médiocre, le service innommable, et le rapport qualité/prix presque invariablement scandaleusement désavantageux. D’ailleurs, les autochtones se restaurent rarement dans ce quartier, et ne se rendent dans des établissements tels que les deux susmentionnés que contraints et forcés, par exemple quand ils veulent recevoir honorablement des amis venant d’ailleurs.
En vadrouille dans ce quartier, et étant privé de moyen de locomotion autre que mes membres inférieurs, j’ai dû pourtant me résoudre à déjeuner sur place. Il y a bien le Shanzhenbao (山珍宝 [shānzhēnbǎo]), bon restaurant proposant notamment d’excellentes fondues à base de champignons divers, mais déguster une fondue seul, ce n’est pas vraiment envisageable… Heureusement, j’avais consulté avant mon départ quelques sites où les internautes chinois échangent leurs impressions suite à leurs aventures gastronomiques. C’est ainsi que mon choix s’est porté sur l’un des restaurants de cuisine chinoise parmi les mieux cotés dans ce quartier-là : le Zhenzhu fandian (珍珠饭店 [zhēnzhū fàndiàn], littéralement « restaurant perle »).
Cet établissement est installé dans une ruelle un peu à l’écart, au sud de la rue principale. Pour y accéder, on peut prendre l’une des ruelles qui se trouvent en face de l’entrée principale du « Temple de l’ésotérisme » (玄妙观 [xuánmiàoguàn]) pour arriver sur la place où se trouvent notamment deux des principaux et plus anciens cinémas de Suzhou, le Kaiming Theatre (开明大戏院 [kāimíng dàxìyuàn]) et le Daguangming Movie Town (大光明影城 [dàguāngmíng yǐngchéng]). Arrivé au sud de la place, on prend sur la gauche une ruelle, appelée « ruelle des perles » (珍珠弄 [zhēnzhū nòng], ou, selon la prononciation locale [zhēnzhù lòng]). Le restaurant se trouve dans cette ruelle, à une cinquantaine de mètres à peine, sur la droite.
L’architecture et le décor sont de style local. A l’heure d’affluence, l’endroit est, comme presque tous les restaurants de Chine, assez bruyant. Il faut s’en accommoder.
La carte propose quelques grands classiques de la cuisine de cette région de Chine : crevettes décortiquées sautées « nature » (清炒虾仁 [qīngcháo xiārén]), poisson mandarin « écureuil » (松鼠鳜鱼 [sōngshǔ guìyú], probablement la spécialité la plus célèbre de Suzhou), porc en sauce rouge (红烧肉 [hóngshāoròu], résolument sucré dans sa version suzhoulaise), canard en sauce sucrée (酱鸭 [jiàngyā])… La carte est unilingue (en chinois), mais elle est agrémentée de photos qui permettent à celui qui ne lit pas les sinogrammes de faire son choix.
D’humeur plutôt carnivore, mon choix pour le déjeuner pris en ces lieux le 26 juillet 2014, s’est porté sur un plat de porc à l’aigre-douce (咕噜肉 [gūlūròu]) (nous venons d’en parler ici) et d’anguilles émincées en sauce trouble (响油鳝糊 [xiǎngyóu shànhú]) (nous en avions parlé ici ; par caprice, j’avais appelé ce plat « embrouillamini d’anguilles de marais à l’huile tonitruante », ce qui, somme toute, est une traduction assez bonne du nom chinois de ce plat).
Il faut savoir que le Zhenzhu fandian jouit d’une excellente réputation, et qu’il est difficile d’y trouver une place aux heures de grande affluence. Si la faim de nous tenaille pas trop, mieux vaut donc attendre 13 heures pour le déjeuner, et 19h30 au moins pour le dîner.
Ci-dessous, l’entrée du restaurant (la photo vient d’ici ; notez que sur cette page, vous trouverez aussi les photos de nombreux plats servis dans ce restaurant).
zhenzhufandian

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