Bibliographie : Traité de gastronomie du Jardin de la nonchalance, Yuan Mei

De nombreux intellectuels chinois, loin de traiter par le mépris les contingences alimentaires de l’espèce humaine, n’ont pas hésité à mettre au service de la nourriture leurs talents littéraires. Il est même des écrivains de tout premier plan qui ont usé leur pinceau à composer des œuvres traitant peu ou prou de nourriture. C’est le cas par exemple de Yuan Mei (袁枚 [yuán méi], 1716-1797), connu par ailleurs pour ses talents poétiques, sa science et sa maîtrise picturale. Le traité de gastronomie composé par ce grand écrivain des Qing, le Suiyuan shidan (《随园食单》 [suíyuán shídān], titre que je traduis par Traité de gastronomie du Jardin de la nonchalance) est considéré comme l’un des textes fondamentaux de la gastronomie chinoise classique, et Yuan Mei a pu être qualifié par certains de « Brillat-Savarin chinois » (voir ici l’article que consacre la version anglaise de Wikipedia à Yuan Mei). Le Suiyuan shidan est paru en 1792. Il semblerait que ce traité n’ait jamais été traduit en français, ni en anglais.
Certains pensent que le terme 食单 [shídān] signifie « recette ». Peut-être, mais le traité de Yuan Mei est bien plus qu’un recueil de recettes : si ce livre contient bien des indications pour la préparation de nombreux mets, il donne aussi des considérations générales sur la cuisine et les aliments. Le livre se compose de 14 chapitres, au cours desquels de nombreux ingrédients sont abordés. (« Suiyuan » (随园 [suíyuán]), que je traduis par « jardin de la nonchalance », est le nom que Yuan Mei donna au jardin dont il fit l’acquisition en 1748 à Nanjing. C’est le nom de ce jardin que Yuan Mei choisit comme surnom, aussi peut-on aussi traduire le titre de l’ouvrage par Traité de gastronomie de Suiyuan.)
De nombreuses éditions modernes existent de ce traité et sont disponibles en librairie (en Chine), et le texte est même librement disponible sur Internet (voir par exemple ici).
Par ailleurs, un Sino-américain a entrepris de traduire ce traité en anglais. Il est loin d’avoir terminé (il n’en est qu’au deuxième chapitre), et sa traduction me semble parfois en dire beaucoup plus que ce que dit le texte original. Elle permettra tout de même à quiconque ne lit pas le chinois classique d’avoir une idée de ce que dit Yuan Mei dans son ouvrage. La traduction en question peut être consultée ici (le blog s’appelle prosaïquement « Translating the Suiyuan shidan »).
Ci-dessous, la couverture d’une édition récente (2011) (traduit en « chinois moderne ») du Suiyuan shidan (l’image vient d’ici)suiyuan shidan

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Un commentaire pour Bibliographie : Traité de gastronomie du Jardin de la nonchalance, Yuan Mei

  1. sjschen dit :

    LOL the prosaic name exists to help improve google search ranking

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