Pour le plaisir : Le « hamburger du Formosan », en-cas taïwanais (虎咬猪)

Le lendemain de notre arrivée sur l’île nationaliste de Taiwan, je me suis fait un devoir d’emmener ma petite famille découvrir un marché de nuit taïwanais, car c’est dans ces marchés nocturnes que l’on trouve la quintessence de la nourriture de rue (dites « streetfood » si vous préférez) formosane. Le hasard ayant assez bien fait les choses, l’hôtel où nous avions élu domicile se trouvait à « distance pédestre » du marché de nuit de la rue du Liaoning, à Taipei (台北遼寧街夜市), aussi est-ce en ces lieux que ma douce et tendre Emilie eut son « baptême du marché de nuit ».
Parmi les nombreuses échoppes proposant des spécialités culinaires locales, l’une en particulier attira mon attention, car elle affichait en grand sur son enseigne un plat au nom pour moi mystérieux : « le tigre mord le porc » (虎咬猪, prononcé [hǔyǎozhū] en pékinois).
Ma curiosité piquée au vif m’enjoignit de diriger mes pas vers l’étal, et de commander une portion de ce grand félin.
J’avais en réalité péché par ignorance, car le tigre qui mord le porc n’est autre que ce que les indigènes surnomment volontiers le « hamburger du Taïwanais » : un petit pain cuit à la vapeur, coupé horizontalement en son milieu (en prenant cependant soin de ne pas couper complètement, pour conserver d’un côté une « charnière » qui permettra de replier les deux moitiés du petit pain une fois la garniture en place), fourré d’une épaisse tranche de porc gras à souhait et longuement cuit dans un bouillon de soja joliment parfumé, garnie d’herbes aromatiques, et généreusement saupoudrée de sucre en poudre et d’arachides écrasées. Le tout ne respecte bien entendu en rien les préceptes des nutritionnistes soucieux de notre santé physique ! (Il faudrait leur proposer parfois qu’ils se penchent un peu plus sur notre bien-être moral, non ?)
J’ai dit plus haut que j’avais péché par ignorance car cet en-cas ne m’était pas inconnu, je méconnaissais seulement son nom zoologique. En effet, le tigre en question est plus prosaïquement dénommé « pain farci coupé » (割包 [gēbāo], parfois orthographié à tort 刈包) ; on trouve aussi, en raison d’une erreur de prononciation (certains Taiwanais, influencés par leur dialecte natal, prononcent en effet le sinogramme 割 [guā]) l’appellation de 掛包 [guàbāo].
Cet en-cas serait, d’après l’article en chinois que Wikipedia lui consacre, originaire de la ville de Fuzhou, située sur la côte orientale chinoise. Je l’ignore, mais ce qui est certain, c’est qu’il est aujourd’hui parfaitement acclimaté à Taïwan.
Ci-dessous, la photo de mon tigre « cochonivore » dégusté sans partage le 5 août 2013 en début de soirée.
huyaozhu

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2 commentaires pour Pour le plaisir : Le « hamburger du Formosan », en-cas taïwanais (虎咬猪)

  1. Ah, ça me rend nostalgique de ces extraordinaires marchés de nuit taiwanais!

  2. Ping : Pour le plaisir : Sandwich aux tranches de porc à la farine de riz (割包粉蒸肉) | Sinogastronomie

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