Restos : Ajisen Ramen, fast-food sino-japonais

Lorsque j’habitais Suzhou de façon permanente, j’avais un ami français, expatrié depuis de longues années, qui était malheureux comme une pierre car il détestait la nourriture chinoise, ou plutôt la nourriture chinoise servie en Chine. Il survivait grâce ajisen ramen_01à ses nombreuses virées à Shanghai, pendant lesquelles il dépensait des fortunes dans les restaurants français de la métropole chinoise, et en achetant à prix d’or, au supermarché français installé dans le quartier shanghaïen des expatriés, fromages, boîtes de conserve, vin, pain, charcuteries et autres provisions de bouche.
Le salut est venu pour lui le jour où la chaîne japonaise Ajisen Ramen (en japonais 味千ラーメン, en chinois 味千拉面 [wèiqiān lāmiàn] ; en chinois comme en japonais, 味千 signifie « saveurs par milliers ») a installé un premier restaurant dans le « petit » ville (pas plus de six millions d’habitants) de Suzhou. L’origine nippone du restaurant, sa cuisine à haut niveau de standardisation et la rapidité du service l’avaient séduit, et c’est pratiquement le seul établissement dans lequel il daignait se restaurer lorsqu’il était coincé à Suzhou.
En faisant quelques recherches, j’en ai appris un peu plus sur cette chaîne nippone de restauration rapide, qui comptait au mois de septembre 2012 pas moins de 667 restaurants, dont quelque 132 à Shanghai, et 11 à Suzhou ! C’est vous dire l’expansion de cette enseigne dont le premier restaurant chinois a été ouvert en 1997 dans la première zone économique spéciale de Chine : la ville de Shenzhen.
En fait, le premier restaurant Ajisen a été ouvert au Japon en 1968 par un Japonaise d’origine taïwanaise, appartenant à la minorité hakka, Liu Tan Hsiang (刘坛祥), plus connu son sous nom japonais de Shigemitsu Takaharu (重光孝治). Il proposait dans son restaurant des ramens, servies dans un bouillon blanc de porc d’inspiration nippone, agrémenté d’ail. C’est en 1972 que la société Shigemitsu fut créée, et qu’elle se dota d’une usine de nouilles et de bouillon. C’est aussi cette année-là que commença le franchisage de l’enseigne. Le premier restaurant hors du Japon est créé à Taiwan en 1994, mais l’aventure est de courte durée, puisque la société ferme trois ans plus tard. Nul n’est prophète en son pays ! L’affaire est reprise en 1994 par Shigemitsu Katsuaki, le fils du fondateur, à la mort de ce dernier. Au Japon, les restaurants Ajisen ramen sont implantés dans diverses villes. En Chine, toutes les villes chinoises d’importance ont un ou plusieurs restaurants Ajisen Ramen. La société chinoise est cotée à la bourse de Hong-Kong depuis 2007.
Les restaurants servent surtout diverses variétés de nouilles ramen servies dans du bouillon de porc, agrémentées d’ingrédients variés : nouilles « ajisen », nouilles pimentées « ajisen », nouilles au porc au barbecue, nouilles au poulet frit… En plus des nouilles, des en-cas divers sont proposés : raviolis frits, salade, concombres assaisonnés, tofu, algues, poisson frit, beignets de crevettes, galettes de crevettes, anguille japonaise, brochettes diverses, cartilages de porc, etc.
La qualité de la cuisine est tout à fait honorable, pour un fast-food. Il ne s’agit certes pas de haute gastronomie japonaise, mais si l’on veut un repas rapide, simple et peu onéreux (les prix sont très raisonnables), on peut largement préférer les nouilles Ajisen aux nombreuses enseignes chinoises et américaines qui se partagent le marché chinois du fast-food et se valent à peu près toutes en termes de médiocrité.
On peut même aussi trouver aujourd’hui dans de nombreux supermarchés chinois, au rayon frais, des nouilles « Ajisen ramen » vendues nature, ou accompagnées de divers bouillons concentrés sous forme pâteuse à reconstituer. Vous pourrez accompagner vos nouilles des compléments carnés ou végétaux de votre choix. Là aussi, quitte à consommer de la nourriture quasiment préparée, je préfère encore un sachet de nouilles fraîches de cette marque, que l’une des innombrables marques de nouilles déshydratées et riches en conservateurs chimiques de tous poils.
Si vous passez par l’aéroport de Pudong à Shanghai, notez qu’un restaurant Ajisen Ramen s’est installé à l’aérogare numéro 2, sur la mezzanine du niveau départs. Si vous voulez tenter l’aventure, prenez votre mal en patience, car aux heures d’affluence, c’est la cohue !
Le logo d’Ajisen Ramen qui illustre ce billet, plus haut, vient d’ici. La photo d’une portion de nouilles Ajisen ramen « classique » ci-dessous vient d’ici.
(Pour en savoir plus, je vous invite à consulter ici l’article succinct en anglais de Wikipedia, et ici l’article plus complet, avec le détail de la carte et les prix, en chinois sur Baidu.)
ajisen ramen_02

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