Pour le plaisir (19) : Bouillie de riz aux ingrédients variés (បបរសាមចូក)

Parmi les multiples choix qui s’offrent au gourmand matinal du Cambodge se trouvent les bouillies de riz : bouillie de riz blanc, épais ou léger, au porc, au bœuf, aux fruits de mer, au poisson, aux boulettes de poisson… Dans ce domaine aussi, le choix est des plus divers.
C’est au Marché Central de Phnom-Penh que j’ai dégusté fin janvier 2010 ma première « bouillie de riz aux ingrédients variés » (បបរសាមចូក, prononcer « bâ bâ saam tchauk »), par hasard, simplement parce que le nom du mets se trouvait sur la carte et que j’ignorais ce dont il s’agissait (en matière de gastronomie comme ailleurs, il faut parfois savoir être aventureux).
Grand bien m’en prit ! La bouillie de riz en elle-même est bêtement composée de riz blanc cuit dans l’eau ; ce qui à mon sens fait l’attrait de cette spécialité, c’est son accompagnement. Dans la version « aux ingrédients variés » (le mot សាមចូក en lui-même sert uniquement à désigner ce type de bouillie et ne semble pas avoir d’autre signification), on trouvera : lamelles de porc pilonné, crevettes, porc hâché, poisson, calmar émincé, sang de porc cuit découpé en gros bâtonnets et autres abats (foie, rognon, tripes), ail haché frit, ciboulette hachée, feuilles de coriandre, et filaments de gingembre. Le tout est servi avec une coupelle de sauce légèrement piquante dans laquelle on peut humecter les ingrédients, des portions de citron vert dont le jus pressé viendra agréablement aciduler l’ensemble, et une coupelle de germes de soja préalablement blanchies.
A mon goût, les cuisiniers cambodgiens ont un peu tendance à abuser du gingembre, dont les filaments sont habituellement jetés au fond du bol avant de verser les autres ingrédients puis la bouillie elle-même.
PS : Un an et demi plus tard, j’ai rencontré ce même plat sur la carte bilingue khmer-chinois d’un restaurant local et c’est ainsi que je me suis rendu compte qu’il s’agissait en réalité d’un plat d’inspiration cantonaise, connu en Chine sous le nom de 及第粥 jídìzhōu, littéralement la « bouille de riz du lauréat aux examens impériaux ».

Cet article, publié dans Cuisine cambodgienne, Cuisine chinoise, Pour le plaisir, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s