Restos (18) : Yi Sang, Phnom Penh

Depuis que nous avons à la maison un cordon bleu qui nous régale de multiples plats de la cuisine cambodgienne, nous sortons moins. Heureusement, « notre » Srey Pov ne travaille pas le dimanche, ce qui nous laisse tout de même l’occasion d’aller faire découvrir de temps en temps à nos papilles gustatives d’autres horizons. Et parmi les restaurants chaudement recommandés par des amis, arrive en bonne place « the » restaurant chinois de Phnom Penh, qui fait l’objet des éloges les plus unanimes : Yi Sang (en chinois 鱼生 yúshēng, en khmer យ៉ីសាង).
Ce restaurant, qui est l’appendice dinatoire du Almond Hotel, affiche la couleur sur sa carte de visite : il s’agit ici de « contemporary Cantonese cuisine » : de la cuisine cantonais contemporaine.
La cuisine cantonaise est réputée dans toute la Chine, et c’est à juste titre (nous y consacrerons d’ailleurs bientôt un billet spécial). Canton et ses environs (dont font partie Macao et Hong-Kong) constituent, de l’avis général, l’une des régions de Chine où l’on mange le mieux. C’est en effet de cette région que sont natifs les célébrissimes « dimsum » (en chinois mandarin 点心 diǎnxīn, mot que l’on pourrait traduire par « petits en-cas »), les soupes mitonnées les plus fabuleuses, les plats les plus « exotiques ». Les Cantonais sont en effet réputés pour manger tout, et je me souviens avec émerveillement avoir découvert, lors de mon premier voyage en Chine en avril 1989, un marché cantonais traditionnel vendant, dans un but culinaire, les bestioles les plus variées. Sur une note moins gaie, rappelons aussi que c’est de Canton qu’est apparemment partie l’épidémie de SRAS de triste mémoire, épidémie semble-t-il provoquée par un virus ayant infecté des personnes s’étant repues d’un animal dont la consommation est aujourd’hui bien sûr interdite : la civette.
Mais revenons-en à notre Yi Sang.
Nous y sommes allés à deux reprises, accompagnés d’amis, pour y déguster quelques-uns de ces « petits en-cas ». Il peut s’agir d’une multitude de choses : raviolis cuits à la vapeur modulés sur une palette multicolore (enveloppes de compositions, de couleurs et de formes diverses), boulettes de viande cuites à la vapeur, boulettes de riz glutineux farcies frites, pattes de poulet pimentées cuites à la vapeur, petits travers de porc aux haricots noirs cuits à la vapeur, rouleaux de chou chinois farcis au porc, petits pains cuits à la vapeur (nature ou farcis au porc caramélisé), raviolis frits… La carte du Yi Sang en propose une bonne vingtaine de variétés. Comme les portions sont congrues, n’hésitez surtout pas à vous laisser aller et à commander plus d’un plat par personne.
La cuisine cantonaise est également connue pour ses rôtis de porc (cochon de lait à la peau croustillante, cou de porc au miel, travers de porc caramélisés), de canard ou d’oie. Si le coeur vous en dit, vous pouvez commander une assiettée de viandes rôties variées.
Le plus novice des sinogastronomes a bien entendu parler du fameux « riz cantonais », qui n’est autre que du riz blanc cuit à la vapeur puis sauté avec divers ingrédients. La nature de ces ingrédients peut être extrêmement diverse, et chaque combinaison donne un riz cantonais différent. Chez Yi Sang, plusieurs variantes vous seront proposées. N’oublions pas non plus que les Cantonais sont friands de nouilles sautées, dont la diversité n’a rien à envier au riz.
La province du Guangdong est côtière, aussi ne faudra-t-il pas vous étonner de trouver sur la carte une multitude de poissons, crustacés et autres coquillages cuisinés de façons diverses et variées.
Enfin, il semblerait que parfois le chef se donne la peine de proposer, hors carte, quelques spécialités fameuses réservées aux amateurs. J’ai vu ainsi une affichette en chinois proposer du « Bouddha saute par-dessus le mur » (佛跳墙 fó tiào qiáng), plat légendaire auquel je consacrerai bientôt un billet. Si le chef du restaurant Yi Sang est capable d’en produire un qui soit à la hauteur de la légende, le prix (exorbitant au sens littéral du terme) demandé de 35 dollars (par personne ou par jarre, je ne sais pas, il faudra que j’aille vérifier) doit en valoir la chandelle.
Si vous voulez déjeuner un dimanche au Yi Sang, arrivez tôt : les tables sont prises d’assaut !
Attention : bourses sensibles s’abstenir ! Ce n’est pas ici que vous resterez dans les limites de votre budget « bouffe » !
Le restaurant Yi Sang est situé au rez-de-chaussée du Almond Hotel, n°128F, Southearos Boulevard, dans le quartier du Tonle Basak, tout près de l’ambassade de Russie.
Vous pouvez aussi visiter le site de l’hôtel (en anglais), ici, mais vous n’y trouverez malheureusement pas beaucoup d’informations sur le restaurant.

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